Des collègues qui collaborent dans une salle de réunion d’Arctic Wolf

Arctic Wolf a atteint une valeur de 1,3 milliard de dollars, et tout a commencé dans une cuisine à Waterloo (Ontario).

De nos jours, pratiquement chaque entreprise a recours à une certaine forme de cybersécurité, habituellement des logiciels et outils commerciaux qui coûtent des centaines ou des milliers de dollars par année à déployer.

Et pourtant, nous entendons encore continuellement parler dans l’actualité de failles possiblement dévastatrices pour les entreprises. Selon une étude réalisée en 2018, 60 % des petites entreprises ne survivent pas au-delà de six mois suivant une cyberattaque.

La solution d’Arctic Wolf, jeune entreprise en cybersécurité, comprend le maintien du leadership dans le créneau de la recherche et du développement, le jumelage d’experts en sécurité avec chaque entreprise et l’offre d’une surveillance continue — autrement dit, elle rend la sécurité moins effrayante.

Les investissements en recherche constituent une composante majeure de la capacité que possède Arctic Wolf à garder une longueur d’avance sur les cybermenaces, et Waterloo (Ontario) constituait l’endroit idéal où installer ses activités de R. et D.

Devenir une licorne

Arctic Wolf fait partie des entreprises à la croissance la plus rapide en Amérique du Nord. L’entreprise a atteint le prolifique statut de licorne en octobre 2020 avec une valeur de 1,3 milliard de dollars. Mais en 2012, Arctic Wolf était simplement une idée lancée entre collègues de longue date à Waterloo (Ontario).

« Ce dont je me rappelle absolument est le fait de prendre l’avion pour Kitchener et de m’asseoir autour de l’îlot de cuisine de Kim [Tremblay] quelques fois, alors que nous avons réfléchi à toutes sortes d’idées », déclare Brian NeSmith, cofondateur et directeur général d’Arctic Wolf.

Les idées pour lancer une entreprise évoluaient autour de la cybersécurité, un élément dont ils avaient le pressentiment qu’il deviendrait de plus en plus essentiel dans un monde toujours plus en ligne. Mais NeSmith et la cofondatrice Tremblay voulaient une idée qui tiendrait réellement la route.

« Personnellement, je ne souhaitais pas créer une entreprise qui serait englobée dans une autre entreprise, déclare NeSmith. Kim et moi étions d’accord pour bâtir quelque chose qui deviendrait un legs. »

Mais au cours de ses premières années d’existence, Arctic Wolf a eu de la difficulté à gagner en popularité. Lors de la troisième ronde de financement des investisseurs, NeSmith affirme que l’entreprise était à un mois et demi de devenir à court d’argent.

« Nous étions probablement de 18 mois à deux ans trop tôt », affirme NeSmith en parlant des difficultés du début de l’entreprise.

Mais la chance était sur le point de tourner pour Arctic Wolf.

Rendre la sécurité moins effrayante

Des employés distancés et portant un masque travaillent dans un espace de bureaux partagés

« La sécurité a souvent été un aspect douloureux ou une grande inconnue pour les gens, affirme Dan Deeth, directeur des communications chez Arctic Wolf. Il s'agit encore d’un sujet très complexe et technique, mais nous sommes ceux qui souhaitent rendre la sécurité plus facile et atteignable pour les gens. »

Et c’est ce à quoi l’équipe travaille d’arrache-pied.

Arctic Wolf possède une équipe d’experts qui travaillent 24 heures par jour pour surveiller toute menace pouvant toucher sa clientèle. « Vous pouvez dormir le soir si vous êtes un directeur des TI », déclare Deeth.

L’entreprise offre également un service de « concierge » formé de deux experts qui collaborent avec les entreprises pour s’assurer qu’elles prennent toutes les mesures possibles de façon proactive afin de demeurer sécurisées.

Lorsqu’une attaque massive par rançongiciel a frappé 16 hôpitaux du Royaume-Uni en 2017, semant la confusion dans le système et empêchant les médecins d’avoir accès aux simples dossiers médicaux de leurs patients, NeSmith affirme que les entreprises ne pouvaient plus ignorer les services complets de cybersécurité offerts par Arctic Wolf.

« L’idée que cette situation pouvait se produire a énormément fait augmenter les facteurs de risque associés au fait de ne pas prendre les mesures de cybersécurité appropriées, déclare-t-il. Et honnêtement, je crois que ce fut l’élément déclencheur pour la transition de personnes ayant besoin de ce que nous offrions comme service. »

Un talent local

Bien qu’Arctic Wolf possède un bureau au Minnesota, son cœur est en Ontario — la moitié de son personnel et toutes ses activités de recherche et développement sont basées dans la région de Kitchener-Waterloo. Et l’entreprise continue de faire grossir sa base en Ontario avec des projets d’ouverture d’un bureau à Toronto plus tard cette année.

Deeth affirme que l’immense bassin de talents formé d’ingénieurs brillants à l’échelle locale — y compris des diplômés de grandes universités comme Waterloo, Western, McMaster et l’Université de Toronto — constitue le principal facteur derrière la grande réussite d’Arctic Wolf.

« Pour bâtir le meilleur produit, il vous faut les meilleurs employés », affirme-t-il.

Et cela facilite les choses lorsque les employés coûtent une fraction de ce qu’ils coûtent à Silicon Valley, où les salaires pour un niveau d'expertise équivalent tendent à être beaucoup plus élevés que partout ailleurs.

« Si vous avez le choix entre Berkeley, Stanford ou n’importe quel autre endroit et que Waterloo peut vous offrir exactement la même qualité dans votre propre cour, il est évident qu’il s’agit d’un excellent endroit où faire des affaires », ajoute Deeth.

En dehors du travail, Deeth affirme que Waterloo est un endroit idéal où l’on retrouve une communauté technologique soutenante, en plus de se trouver à proximité d’une culture formidable.

« Si vous voulez assister à un match de baseball ou à une pièce de théâtre, vous pouvez profiter d’un divertissement de classe mondiale situé essentiellement à 45 minutes du centre-ville de l’une des cinq principales villes en Amérique du Nord », déclare-t-il. « Mais je peux revenir ici et avoir accès à une communauté merveilleusement tissée serrée. »

Le fait d’être basé à Waterloo a également été avantageux en ce qui concerne la rétention du personnel. « Lorsqu’ils travaillent pour vous, les gens de Waterloo font preuve d’une grande loyauté », affirme Tremblay. Certains des mêmes employés qui ont commencé à travailler pour l’entreprise au cours de ses premières années y travaillent toujours.

Un legs durable

Tremblay déclare qu’elle n’arrive toujours pas à se faire à l’idée que les investisseurs et les consommateurs n’ont pas compris la promesse d’Arctic Wolf à ses débuts. Mais une fois que l’entreprise a procédé à sa quatrième ronde de financement des investisseurs en mars 2020, les ventes ont commencé à augmenter, et cette augmentation ne s'est jamais démentie.

Deux employés portant tous les deux un casque d’écoute devant leur ordinateur

« Ce fut très, très emballant pour tous lorsque cela s’est produit, affirme Tremblay, ajoutant que des étrangers ont commencé à l’approcher pour la féliciter dans la communauté technologique tissée serrée de Waterloo.

La première vague de la pandémie a menacé de faire dérailler l’ascension d’Arctic Wolf, mais comme le fait de travailler de la maison a rendu la cybersécurité plus essentielle que jamais, les ventes ont continué de croître. À l’été 2020, Arctic Wolf a atteint le statut de licorne avec sa plus récente ronde de financement, et NeSmith a compris que tout le travail acharné et toute cette patience avaient rapporté.

« Nous sommes sans contredit la belle du bal », affirme-t-il. « Nous n’éprouvons aucune difficulté à organiser des rencontres avec quiconque. »

Arctic Wolf est en tête de la meute (jeu de mots voulu) non seulement au Canada, mais à l’échelle mondiale. Et sa réussite continue de croître. L’entreprise a acquis d’autres jeunes entreprises, y compris des entreprises spécialisées en apprentissage automatique, et prévoit prendre encore de l’expansion à l’échelle internationale avant de faire son entrée sur le marché public au cours des deux prochaines années.

L’ancienne entreprise que NeSmith et Tremblay rêvaient de bâtir alors qu’ils étaient assis dans une cuisine en Ontario est finalement arrivée à maturité.

« Je peux affirmer avec une certaine satisfaction, et je crois que Kim est du même avis, que nous n’avons pas encore terminé, déclare NeSmith. Ce que nous avons bâti se poursuivra probablement bien au-delà de nous et pourrait même nous survivre. »