Une carte illustrant la propagation de l’épidémie de COVID-19, qui a débuté à Wuhan, en Chine, et s’est propagée dans le monde entier  

L’intelligence artificielle en action : BlueDot et la réponse à la COVID-19

Le Dr Kamran Khan, fondateur et président-directeur général de BlueDot
Le Dr Kamran Khan, fondateur et président-directeur général de BlueDot

Le 31 décembre 2019, lorsque le Dr Kamran Khan de Toronto a ouvert un fichier qui montrait un regroupement inhabituel de cas de pneumonie à Wuhan, en Chine, il en a eu le souffle coupé.

L’intelligence artificielle et l’analyse experte utilisées pour surveiller les virus à l’échelle mondiale – des systèmes qu’il a passé toute sa carrière à développer – avaient parfaitement fonctionné.

Les outils du Dr Khan ont permis à son entreprise, BlueDot, et à ses clients d’être informés de l’existence de la COVID-19 plusieurs jours avant que l’Organisation mondiale de la Santé ne l’annonce.

« On s’est dit : “ Ah, mon Dieu! Le système qu’on a construit fonctionne!” Il fait exactement ce qu’on avait prévu qu’il ferait, et il le fait avec précision », raconte le Dr Khan, également médecin spécialiste des maladies infectieuses à l’hôpital St. Michael de Toronto et professeur à l’Université de Toronto. « Ensuite, lorsque le virus a commencé à se propager localement, on a pu mettre en œuvre nos solutions et nos outils et commencer à soutenir la réponse de santé publique locale. »

À l’époque, BlueDot comptait parmi ses clients l’agence de santé publique de Taïwan, qui a réussi à imposer rapidement un confinement, ce qui lui a permis de devenir l’un des meilleurs au monde dans la lutte contre le nouveau coronavirus. Le système de suivi du mouvement de la COVID-19 BlueDot a également contribué à influencer la Californie pour l’émission du premier décret ordonnant de rester à domicile en Amérique, sauvant ainsi d’innombrables vies. Cette décision du plus grand État américain a attiré l’attention des médias internationaux sur la jeune entreprise de Toronto, notamment un reportage de l’émission 60 Minutes à CBS, un article de fond dans le magazine Wired et une invitation pour le Dr Khan à animer sa propre conférence TEDx.

« Ce dont je suis le plus fier, c’est que nous avons gardé les yeux sur le ballon et que nous n’avons pas perdu de vue le défi qui nous attendait, déclare le Dr Khan. Nous avons travaillé sans relâche [...] pour nous préparer à ce moment. »

La culture de l’innovation en Ontario

C’est en 1999, alors qu’il étudiait à l’université Columbia de New York et avait vu de quelle façon le virus du Nil occidental était apparu en Amérique du Nord, que le Dr Khan a eu l’idée de la technologie et des données qu’il pourrait utiliser pour construire BlueDot. Quelques années plus tard, revenu à Toronto pour entreprendre sa carrière à l’hôpital St. Michael, peu après l’apparition de la première souche du coronavirus SRAS qui a fait 774 victimes dans 29 pays, il a compris que la vie ne serait plus jamais la même.

« Il y avait eu deux urgences liées à des maladies infectieuses en quatre ans, et cela a confirmé pour moi l’idée que le monde dans lequel j’allais pratiquer la médecine serait très différent de celui de la génération précédente », déclare-t-il.

Le Dr Khan a réalisé que si le monde devait être frappé par la prochaine pandémie, qui surviendrait inévitablement plus tôt que prévu, les autorités de santé publique ne pourraient pas se contenter de travailler mieux, elles devraient aussi agir plus vite, ce qui impliquait de passer à l’échelon supérieur. Pour ce faire, il devait passer du statut de chercheur universitaire à celui d’entrepreneur. Il a donc pris contact avec le centre de recherche de renommée mondiale MaRS Discovery District à Toronto, un incubateur à but non lucratif qui canalise des fonds publics et privés pour lancer, développer et étendre la recherche médicale et d’autres technologies innovantes.

« Je pense que l’écosystème [de MaRS] et quelques personnes clés m’ont vraiment aidé à faire ce saut dans l’inconnu », ajoute-t-il.

Le Dr Khan voulait utiliser l’intelligence artificielle pour rechercher les signes de virus non seulement dans les revues médicales, mais aussi dans les médias d’information du monde entier dans des dizaines de langues (sa surveillance se fait aujourd’hui dans plus de 65 langues). Il espérait également faire appel à des experts de tous les horizons pour vérifier les données.

Mais pour s’attaquer à ces problèmes complexes, le Dr Khan savait qu’il aurait besoin d’un groupe diversifié d’experts dans tous les domaines – et avec sa multitude d’universités de premier plan, la région du Grand Toronto s’est avérée être l’endroit idéal pour trouver ces talents.

« Ici, à Toronto, la diversité compte de multiples facettes – diversité des origines, des compétences, des perspectives, déclare-t-il. C’est donc ce mélange éclectique de médecins, d’épidémiologistes, de scientifiques des données et d’ingénieurs, réunis sous un toit virtuel, qui nous permet vraiment de faire des choses d’une manière qu’on ne peut pas facilement faire quand on fonctionne en vases clos. »

Le Dr Khan ajoute que depuis le lancement de BlueDot en 2013, Toronto est même devenue un endroit encore meilleur pour faire des affaires. « La culture s’oriente de plus en plus vers l’innovation et la prise de risque, d’une manière qui n’existait peut-être pas il y a dix ans. »

Collaborer pour un monde plus sûr

Depuis qu’elle a été l’une des premières à reconnaître la menace de la COVID-19, BlueDot a plus que doublé sa taille, passant de 35 à plus de 80 employés, et a déménagé de l’hôpital St. Michael à ses propres bureaux à Toronto. Elle a adapté son logiciel pour surveiller la propagation de la COVID-19 et a prédit des flambées dans des pays comme le Brésil et l’Inde des mois avant qu’ils ne deviennent tous deux les yeux du cyclone. Et aux pays qui ont été des pionniers en matière de vaccination, BlueDot fournit des recommandations fondées sur des données concernant le moment où les sociétés peuvent revenir à une certaine forme de normalité.

L’entreprise a également élargi sa clientèle au-delà des organismes de santé publique, en travaillant avec différents secteurs gouvernementaux, dont la défense nationale, ainsi qu’avec de grandes entreprises mondiales comme Air Canada et Reckitt Benckiser (le fabricant des lingettes Lysol), en planifiant de minimiser les perturbations de leurs activités.

« Dans le secteur privé, il y a encore beaucoup à découvrir sur la manière d’intégrer les informations dans les flux de travail et les actions pour prendre des décisions plus éclairées, dit le Dr Khan. C’est une chose que d’obtenir des renseignements, mais c’en est une autre de transformer ces renseignements en actions [...], et nous avons donc eu le réel plaisir de pouvoir travailler avec nos clients et de faire une partie de cet apprentissage ensemble. »

Se préparer pour la prochaine pandémie

La pandémie de COVID-19 commence à se calmer dans de nombreux endroits (le Dr Khan affirme que ce virus est présent « pour toujours », mais qu’il deviendra beaucoup moins grave), mais ce n’est pas le moment de baisser la garde. Le Dr Khan croit qu’une autre pandémie pourrait survenir au cours de la prochaine décennie, voire plus tôt, car les ingrédients qui ont conduit à la propagation de ce virus – voyages internationaux, régimes alimentaires, déforestation, changements climatiques, entre autres facteurs – sont tous encore présents.

Vue du bureau du tableau de bord Insights de BlueDot, indiquant les épidémies actives sur une carte du monde
Vue du bureau du tableau de bord Insights de BlueDot, indiquant les épidémies actives sur une carte du monde

Il aime à dire que ce que BlueDot a construit est une sorte de détecteur de fumée, mais que pour survivre à l’incendie, les gouvernements, les entreprises et les citoyens ordinaires doivent travailler ensemble pour planifier un itinéraire d’évacuation avant que la maison ne soit dévorée par les flammes.

« Nous venons de traverser une crise assez horrible, et ce n’est pas encore fini. Les gouvernements, les entreprises et les systèmes de soins de santé du monde entier vont devoir agir plus intelligemment, plus rapidement et plus profondément que nous l’avons fait jusqu’à présent, déclare-t-il. Voulons-nous être de ceux qui luttent contre les incendies, ou de ceux qui les préviennent? Je pense que nous devons faire les deux. »

« Et j’ai l’impression que nous ne faisons que commencer », ajoute-t-il.

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2 juin 2021
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